8 avril 1938: Manifestations à Tunis contre l'autorité coloniale
Depuis l'organisation d'une grande manifestation à Bizerte le 8 janvier 1938, contre l'exil forcé du militant Hssan
Ennouri en algérie et à la suite du licenciement de Ali Belhouane, militant du néo-destour, du lycée de Sadiki, le 2 avril 1938, plusieurs manifestations se sont déclenchées à travers le pays,
Devant les espoirs perdus, les évènements se précipitèrent : la base perd patience, les grèves se multiplient, les meetings se radicalisent en discours et en slogans, la répression reprend de plus en plus fort, les affrontements font des blessés et des morts (Bizerte, Metlaoui, Jérissa, Métline,…) et "la grande majorité des militants était consciente et résolue à tenir tête à la répression(…) à résister à l’offensive du colonialisme, à se comporter en patriote et à accepter les sacrifices nécessaires" .
Le Conseil National du Néo-Destour a décidé, le 4 mars 1938, "une grande tournée de propagande à travers toute la Tunisie(…) pour informer les militants et les masses populaires(…) des actions à entreprendre pour lutter contre cette répression et gagner la bataille en définitive " .
À la suite de discours jugés séditieux, les autorités coloniales procèdent à l’arrestation des dirigeants Slimane Ben Slimane, Salah Ben Youssef, Hédi Nouira et Youssef Rouissi, avec comme chef d’accusation "incitation à la haine raciale [sic] et atteinte aux intérêts de la France en Tunisie".
Le Néo-Destour annonce alors plusieurs manifestations de protestation, à travers tout le pays, pour le dimanche 10 avril. Elles furent interdites. Le Néo-Destour décide donc une grève générale pour le 8 avril. Dans l’après-midi de ce même jour, un énorme rassemblement, revendiquant l'institution d'un Parlement Tunisien, conduit par Ali Belhaouane, Mahmoud El Materi et Mongi Slim, se forme devant la Résidence Générale, siège de l’autorité coloniale en la personne du Ministre Résident de France en Tunisie, après avoir emprunté, sous forme de deux manifestations séparées, les principales artères de la capitale. Au cours de ce rassemblement, une phrase du discours d’Ali Belhaouane, restée historique, résume bien la nouvelle stratégie arrêtée par le Néo-Destour : "Nous sommes venus aujourd’hui démontrer notre force (...) celle de la jeunesse qui ébranlera le colonialisme (...) Le parlement tunisien ne sera créé que par le martyre des militants et les sacrifices de la jeunesse"
8 avril 1938: Manifestations à Tunis contre l'autorité coloniale