10 avril 1938: Arrestation de Bourguiba et des militants du néo destour par les autorités coloniales
Le 9 avril, Ali Belhaouane fut convoqué par le juge d’instruction. Un immense rassemblement se
constitua devant le Palais de justice. "Les auto-mitrailleuses surviennent en grondant, les sommations retentissent. En quelques minutes, quinze ou vingt cadavres sanglants gisent sur la chaussée (…) les blessés sont emportés sur le dos des manifestants qui fuient. L’ordre règne. Le soir même, l’état de siège était proclamé. Le lendemain, 1.000 à 1.500 destouriens étaient arrêtés dont tous les leaders" . Ce massacre se solda, en réalité, par 22 morts et près de 150 blessés. Le lendemain, Habib Bourguiba et Mongi Slim sont arrêtés et traduits, avec Slimane Ben Slimane, Salah Ben Youssef, Hédi Nouira et Youssef Rouissi, devant le tribunal militaire pour complot contre la sûreté de l’Etat. Quant au Néo-Destour, il fut dissout le 12 avril 1938. Et ce fut alors pour eux, pendant cinq années, l’avant dernière valse des pénitenciers, aussi bien tunisiens que métropolitains : Prison de Téboursouk, Fort Saint-Nicolas de Marseille, Fort Montluc de Lyon, Fort de Vancia au nord de Lyon,… La dernière valse, conséquence de la révolte armée du 18 janvier 1952, aboutira, le 29 mai 1955, à l’autonomie interne de la Tunisie et, le 20 mars 1956, à sa pleine indépendance.
En évoquant les évènements du mois d’avril 1938 sans corriger, par la preuve, un mensonge répandu par les ennemis politiques d’Habib Bourguiba affirmant qu’Habib Bourguiba, flairant le massacre, s’est fait passer pour malade pour ne pas participer activement à ces évènements. La preuve qu’il était réellement malade est contenue dans le témoignage de Mahmoud El Materi rapporté dans le livre qui, rappelons-le, est paru en 1939, où il est écrit à la page 71: "Habib Bourguiba, malade, est resté chez lui ". Mahmoud El Materi, qui, pendant les dits évènements, se fit le modérateur, a été épargné par les autorités coloniales, privilège qui a ravagé sa conscience d’authentique patriote : n’a-t-il pas déclaré dans ce témoignage ( page 72) : "Et me voici seul, seul de tous mes amis à ne pas être en prison…C’est moi qui ai le sort le plus dur, croyez-le bien ! "
10 avril 1938: Arrestation de Bourguiba et des militants du néo destour par les autorités coloniales